A quoi sert un facilitateur dans un travail de groupe ?

Dans un groupe, la recherche d’idée nouvelle, la dynamique de créativité, sont semblable  à des petits bourgeons fragiles qu’une moindre brise un peu forte peut arracher.

Le contexte environnant a un impact majeur sur la croissance de ces bourgeons : il est nécessaire de créer une atmosphère bienveillante qui encourage leur croissance en félicitant chacun de leurs petits mouvements vers le ciel, et en nourrissant de façon permanente ces mouvements ascendants en y apportant les ingrédients (bienveillance, protection, encouragements) nécessaires à leur évolution et renforcement.

Dans un travail de groupe, lorsqu’une idée portée par un des participants « germe », c’est le regard des autres, leurs commentaires et attitudes qui va valider ou non la poursuite de la germination de l’idée. S’il y a la moindre suspicion de jugement malveillant, exprimé de façon orale ou même de façon non verbale par l’attitude de certains des autres participants, l’émetteur de l’idée se recroqueville sur lui-même comme du temps où il était écolier aux prises avec une remarque ironique du maitre d’école.

En effet, nous avons tous dans notre inconscient des souvenirs de trahisons, de jugements, de sensations d’abandon quand on avait justement besoin de soutien et ces peurs inconscientes sont comme des freins invisibles à la construction de projet d’ensemble. Inconsciemment le participant se fermera à la construction commune et par effet miroir, les autres participants aussi, laissant la place finalement aux seuls participants se sentant « légitimes » de par leur pouvoir hiérarchique au sein du groupe ou leur grande connaissance ou bien leur grande aisance orale.

Le facilitateur est comme un jardinier qui, pour prendre soin des bourgeons, surveille la météo en les protégeant de toutes les « bourrasques » de type jugement négatif gratuit, ironie, discours égocentré, mépris, bavardage qui noie l’idée… et encourage la création d’une dynamique positive au sein de l’écosystème pour que chacun contribue réellement à l’ensemble.

Sa position légèrement en retrait du groupe lui permet d’observer les jeux conscients et  inconscients des participants et de veiller au respect d’un cadre de débat respectueux de tous pour que chacun puisse contribuer en toute sécurité. Il a donc la capacité d’être à la fois acteur et observateur du travail collectif. On retrouve dans ce processus le mélange d’identification et de distance qui caractérise l’empathie.

La progression du groupe vers des « terres nouvelles » va demander au facilitateur d’avoir un « coupe-coupe  » pour ôter tous les schémas de « retour vers le connu » au fur et à mesure qu’ils se présentent sous forme d’une multitude de freins à la nouvelle proposition (nouveau chemin), énoncés par certains participants.

Le facilitateur doit alors savoir insuffler confiance et détermination dans le nouveau chemin découvert sans pour autant minimiser les contraintes ou les freins présentés. En effet, chaque frein exprimé par les participants est un doute exprimé inconsciemment par le groupe car le groupe se comporte comme un écosystème holistique dont chaque participant peut potentiellement devenir une expression. On peut considérer  qu’un groupe fonctionne un peu comme un corps et que chacun des membres du groupe  résonne comme un organe donc l’objection d’un membre est un peu comme une » tension » ressentie par le membre. Cette tension ne peut être ignorée tout comme on ne peut ignorer  lorsqu’un organe de notre corps nous fait souffrir, on peut le faire mais généralement cela va de mal en pis …

Il y a lieu de souligner que le facilitateur n’est ni le leader ni le chef du groupe ,il « veille » sur le processus, pour que tous les participants se centrent et se concentrent sur les objectifs ; il fluidifie la compréhension des participants en reformulant souvent pour s’assurer d’un bon niveau de compréhension de chacun, s’assure que tout le monde s’est exprimé, que tous les germes d’idées puissent éclore sans être oublié.

En conclusion, de par sa position, le facilitateur  permet au groupe de se détacher de l’expérience, de s’en dissocier. Le niveau de perception (niveau logique) des participants change ce qui a pour effet de porter  l’ensemble des participants vers des comportements de moins en moins propice à la réaction, fruit des émotions brutes. La créativité et les solutions collectives originales ont alors l’espace pour émerger.